De l'ombre des caves aux lumières d'Amancey.
Novembre 1944.
À Thann, les bombardements font rage et les bougies vacillent dans les caves. Pour le petit garçon de quatre ans que je suis, la guerre est une réalité sonore et angoissante, marquée par l'absence d'un père et le courage d'une mère veuve à 25 ans.
Trois ans plus tard...
Un autocar brinquebalant m'emmène loin des ruines, vers les plateaux du Doubs. Autour du cou, un médaillon en carton ; dans les mains, une tablette de chocolat Suchard ; et dans le cœur, l'inconnu. C'est ainsi que je pousse la porte de la ferme des Baverel.
Dans ce monde de "patois traînant", de soupe au pain et de mains noueuses, je vais découvrir bien plus qu'une famille d'accueil. Je vais apprendre le langage des chevaux, le secret du levain, le chant de la batteuse et la sagesse des anciens pour qui "l'homme n'est pas au centre des choses".
Ce récit est le carnet de bord d'une renaissance.
C'est l'histoire d'un "petit gars de la ville" devenu "petit gars de la campagne", une immersion sensorielle dans une France rurale aujourd'hui disparue, où chaque miche de pain sortant du four était une victoire sur la grisaille de l'après-guerre.
La fin du récit illustre dramatiquement la lutte inégale entre le monde paysan et celui des affaires.
Captivant et enrichissant.